vendredi 31 août
Facebook c'est le mal mais "resistance is futile...YOU WILL BE ANIHILATED."
Je cherche quelqu'un (en fait je cherche encore, mais je ne suis pas désespéré au point de lancer un appel à tous... enfin pas encore.)
Une amie m'a alors fait remarquer qu'à peu prêt tout le monde est sur Facebook de nos jours.
Pour chercher quelqu'un sur Facebook, il faut avoir un profil sur Facebook... donc j'ai un profil Facebook... (c'est beau, j'ai assez usé de répétition ? Je peux arrêter ?).
Facebook a mangé ma soirée d'hier et mon matin (mais ne t'en fais pas Services Canada, je suis disponible à l'emploi). Je n'ai pas trouvé la personne que je cherchais. J'ai la facheuse tendance de chercher des gens qui aiment les gilets et les tuques en laine naturelle et qui partent se ressourcer à élever des chèvres (ou cultiver des fines herbes) en relisant l'intégral de Proust (le Contre Sainte Beuve aussi, pas seulement la Recherche).
Par contre, du jour au lendemain, une bonne partie de mes contacts Hotmail peuvent me parler, je peux voir un catalogue de leurs amis... ils peuvent voir le mien, on peut se catégoriser (oui, bon, les catégories sont encore très américaines, mais j'imagine qu'ils y travaillent). En bref, je suis fasciné de voir à quel point les rapports sociaux ne sont pas simplement facilité par la technologie (Messenger rapproche les familles), mais ils s'institutionnalisent avec le web... Il y a moins de flou, moins de rumeurs. Vous voulez savoir quelque chose sur quelqu'un ? Demandez au dieu Google, il vous répondra (enfin presque, si c'est un(e) de mes acien(ne)s amis qui est occupé à lire Le temps retrouvé, oubliez ça)
Quand j'étais adolescent, il fallait éplucher les journaux pour avoir les dates de concerts, écouter la radio et la télé... Entendre les amis dire "il paraît qu'un tel vient, tel film je l'ai vu"... Là on sait tout... Regina Spektor ne vient pas à Montréal, mais elle sera à Toronto et Boston au mois d'octobre... une triste nouvelle qui m'est aujourd'hui disponible par Facebook, mais que je n'aurais su il y a 15 ans (et il y a quinze j'aurais été obligé de parler au très désagréable discaire de la Place Longueuil pour savoir qui était Regina Spektor, il ne l'aurait pas su, et je ne l'aurais pas connu). Quand quelqu'un n'est pas dans le répertoire de vos amis, c'est qu'il y a quelque chose entre vous (ok, pour deux personnes j'ai été juste trop gêné de faire "add to friend". Qu'est ce que vous voulez dire à votre flamme du primaire en plus ? )... avant on pouvait laisser planer un élégant flou artistique.
L'accès à l'information est fort utile, mais il me semble que la quête de cette information avait le charme du dévoilement. Il y avait quelque chose d'initiatique à prendre une information au vol et d'avoir le courage d'aller la confirmer, d'aller voir . Il me semble qu'il y avait un peu la possibilité d'embellir, de créer des mythes et des légendes... de brasser la réalité pour lui donner un nouveau sens... une nouvelle dimension, appeler ça mensonge si ça vous chante. Bref, je me sens comme un Inuit à qui on apprend à écrire... c'est cool et c'est super-pratique, mais ça change ma manière de penser, ma manière de forger le monde.
Oui je fais un peu dans la nostalgie, heureusement que j'ai des amis qui élèvent des chèvres ! Ils paraît qu'elles font six pieds de haut en plus (je sais pas, c'est l'ami d'une amie qui me l'a dit... on est pas trop certain si elle élève des chèvres ou si elle enseigne au Cégep).
Commentaire par Raphael @ 23:55
mardi 6 février
Ce qui occupe mes grandes soirées....
Hormis me dire qu'il y a vraiment trop de membres de Québec Solidaire (aussi nommé KuHess) dans mon entourage j'invente:
La grande république d'Ukamia !
Commentaire par Raphael @ 20:53 | Commentaires (0)
vendredi 8 décembre
Merci Évelyne !
Pour Noël je veux:
South Park and Philosophy, the first volume in The Blackwell Philosophy and PopCulture Series

Dedans il y a de supers articles comme:
William W. Young III, "Flatulence and Philosophy: A Lot of Hot Air or the Corruption of Youth?"
Mark D. White, "Respect My Authorita! Is Cartman "The Law," and Even If He Is, Why Should We Obey Him?"
Karin Fry "Oh My God! They Killed Kenny . . . Again: Kenny and Existentialism"
Je voudrais aussi une casquette verte de l'équipe Dion utilisée lors de la convention libérale.
Un pillule contre la grippe intestinale.
Commentaire par Raphael @ 9:52 | Commentaires (0)
samedi 2 décembre
Merci !
C'est avec une émotion non feinte que je tiens, à titre de président de l'Association des Nerds politologues du Canada, à remercier l'une des nôtres, Monsieur Stéphane dion... Vous êtes Monsieur Dion une inspiration constente et votre victoires sans équivoque est pour une source de grands espoirs...

Commentaire par Raphael @ 22:18 | Commentaires (0)
jeudi 2 février
Qu'est ce que je disais ?
Damn, dit-il...
Des fois je suis porté à croire qu'il y a un plan divin... puis je me souviens que le hasard n'existe pas, simplement la synchronicité auquelle nous donnons un sens à posteriori, un sens qui n'est ontologiquement pas présent (il n'y avait plus de café ce matin).
Donc, hier, je blog pour vous parler de la souveraineté et de l'art du Zen... qu'est ce qui nous tombe dessus comme nouvelle ce matin ? CROP, la maison de sondage a fait un erreur de métho !!!!
Mais, honnêtement, a regarder les chiffres, je m'en fous toujours...
Par contre j'ai découvert, via le blog de Jessica Reeds, un mouvement artistique qui me fait un peu penser aux QQistes dont je vous ai déjà parlé: le métadadaïsme.
Commentaire par Raphael @ 9:20 | Commentaires (0)
lundi 5 décembre
À propos d'étranges raisonnements sur la démocratie...
Bon, o.k., Gilles s'est un peu emporté en fin-de-semaine (Westmount, Mont-Royal et Pontiac au Bloc !!!), mais je maintiens mon opinion. Par contre, ces déclarations m'amènent à me réinterroger sur d'étranges raisonnements que l'on fait au sujet du fonctionnement démocratique.
L'unanimité n'est pas démocratique. J'ai entendu beaucoup d'affirmations dérivants de ce principe dans des discussions autour du 11 septembre (surtout portant sur l'unanimisme américain). Théoriquement, l'unanimité générale et totale doit être possible en démocratie, l'opposition par principe d'opposition me semble un peu naïve. De plus, l'unanimité sur des points précis est un des fondements de la démocratie... On s'entend tous sur le principes de pouvoir au peuple depuis 1789 (bien que l'on ne s'entende pas sur ce que ça veut dire, ni sur la manière de l'opérationnaliser), on s'entend pas mal tous sur l'interdiction du meurtre (même les assassins doivent en quelques sortes être d'accord...).
L'opposition est nécessairement une bonne chose. Soyons un peu démago là-dessus: on a vu ça en Bosnie et au Liban que l'opposition était une bonne chose. En plus, s'opposer pour s'opposer (parce que par nature il doit y avoir opposition) ça fait dire des conneries (j'ai vraiment perdu un temps fou en assemblée générale de l'AGESHALCUQAM à cause de ce principe...).
Normalement, il y a dans une société des courants divergeants, mais on ne doit pas exclure d'office l'unanimité sur toutes propositions et on ne doit pas croire nécessairement qu'il y aura opposition.
Commentaire par Raphael @ 12:26 | Commentaires (1)
vendredi 14 octobre
Faire fitter le monde dans un livre...
"Hamlet- O Dieu ! je pourrais être enfermé dans une coquille de noix, et me regarder comme le roi d'un espace infini, si je n'avais pas de mauvais rêves."
Shakespeare, Hamlet, Acte II, scène ii.
Depuis que je blogue, j'essaie de lire mes coblogueurs. C'est un travail souvent exaspérant. Par déformation professionnelle, je me suis tapé quelques blogs politiques. Retombant dans mes vieux vices, j'ai même lu quelques blogs de politiques québécoises, souverainistes d'abord (que j'ai vite flushé...fatigué que je suis de tirer dans ce qui est pour l'instant mes rangs), puis, suivant le réseau des références internes (en fait, j'avais commencé par lire des blogs conservateurs comme celui-ci et celui-là), j'ai lu quelques blogs fédéralistes... Encore plus las, j'ai cru relire, avec une certaine déception et exaspération, dans les mots d'une nouvelle génération ce que je lisais il y a dix ans dans Cité libre, version Albert et Monique Memni...
J'ai donc laissé tomber le débat fédéraliste/souverainiste, mais je n'ai pas abandonné la lecture car quelque chose d'autre m'agaçait... Je n'arrivais pas à énoncer ce qui m'énervait jusqu'à ce que je tombe d'abord sur le blog d'un certain Marco D., surtout sur son texte autour de Victor Hugo (qui aurait dû porter le titre de "Moâ et Victor Hugo"), ensuite, j'ai par hasard entendu les commentaires de Guy Bertrand (aussi connu comme l'ayatollah de la langue de Radio-Canada) sur les dictionnaires... Mes amis, un dictionnaire (quel qu'il soit... enfin, peut-être un peu plus dans les dictionnaires encyclopédiques) ne contient que 10% des mots utilisés par les locuteurs francophones...
-"Putain !" me suis-je dit (ouais, dans ma tête je suis parfois Parisien), "le monde n'est pas dans un livre !"
C'est à ce moment, frères et soeurs, que j'ai eu un moment d'épiphanie. J'ai compris d'un coup ce qui m'agaçait dans le discours de cette jeune génération de fédéralistes qui bloguent allègrement (en plus des textes de Marco D., vous avez d'autres exemples ici, et ici) C'est gens là veulent faire entrer le monde dans un livre... Ce monde dans un livre est clair, rassurant, le nombre de ses règles est fini et elles sont cohérentes. En fait, on ne peut pas sortir du livre, on ne peut pas remettre en question ses fondements, c'est illogique et nuisible. En fait, plus je lis, plus je pense que les conclusions des ces jeunes auteurs sont semblables à celle du politologue de l'université Laval, Jean-Pierre Derriennic, dans son livre de 1995, Nationalisme et démocratie (publié chez Boréal). Après avoir démontré que la souveraineté du Québec constituerait un cas neuf dans l'histoire du monde (ne relevant d'aucune des raisons qui, historiquement, sont à l'origine des divers cas de sécessions), Derriennic affirme qu'il est dangeureux de remettre en question le monde tel qu'il est donné, évoquant le spectre de la guerre civile.
En fait, pire, le monde de ces gens est un livre... La réussite dans ce monde relève d'une grande partie de génie en herbe ou l'on doit citer les classiques (Aristote, Épicure, Platon, Hugo, Gides... sans se poser de questions sur le contexte de production de ses oeuvres...) détenteurs de vérité et mépriser la culture populaire (Véro, 110%, en fait la télévision en général), porteuse d'erreur (puisqu'hors du livre), de bruit et d'aliénation de la masse (là c'est moi qui formule une chose qui n'est peut-être pas aussi claire.)
De plus, posséder la connaissance du livre permet d'agir en seigneur, de savoir, de se distancier de la culture populaire et de la plèbe. Entre ça et dire que la mobilité sociale ne dépend que de la volonté de l'acteur, il n'y a qu'un pas (que beaucoup franchissent allègrement).
En terminant je vous le dis, le monde social ne fitte pas dans un livre, il y a toujours un bout qui dépasse... Plus encore, l'idée de livre est une mauvaise manière de concevoir le monde... on ne connait pas le monde, on le vit. Permettez moi, une fois n'est pas coutume, de citer l'Ancien testament : "Tu es poussières et à la poussière tu retourneras." (Genèse 3-22). Le monde social est une forêt, ordonnée mais anarchique, toujours en mouvement, où nous recréons sans cesse ses structures et sa forme. Le monde social est poussièreux, granuleux et plein de boue. Nous sommes tous poussières et nous y retournerons.
Digression finale: À citer l'Ancien testament comme ça et en l'interprétant de cette manière, je me rend compte qu'il serait plus simple pour ma vie familiale de commencer à croire à la réincarnation... Je m'explique: si j'avais eu des vies antérieures, il est clair que j'aurais été Franciscain voguant de villages en villages pour faire le bien et parlant aux oiseaux en chemin. Mon fils, par contre, aurait surement été Jésuite... intelligent, cultivé, intéressé et, surtout, surtout, maître de la casuistique. En fait, Léo se fait un malin plaisir de tout poser en terme de cas de conscience ou d'exception... surtout lorsqu'il s'agit de déroger à la règle (se coucher le soir, se brosser les dents, ne pas manger plus que trois biscuits, etc.) : "Oui mais papa hier tu as dit que...", "Oui, mais papa c'est injuste...parce que...". Bref, c'est une guerre éternelle entre l'esprit de la règle (que j'incarne... en fait je suis la règle, principe dont je n'ose pas trop abuser) et la lettre (qui est la seule chose donnée à Léo, je vous l'accorde, mais dans laquelle il se roule allègrement). J'avoue ne pas toujours avoir la patience de me lancer dans des débats philosophiques avec mon fils.
Commentaire par Raphael @ 10:20 | Commentaires (1)
jeudi 11 août
Puits de sagesse
"L'immanence ça fourre tout le monde !"
Lawrence Olivier, s'exprimant sur la double contrainte qui a fait de Anakin Skywalker, Darth Vader.
Commentaire par Raphael @ 13:53 | Commentaires (1)
jeudi 23 juin
Théorie générale des femmes (le gros commentaire macho)
À la demande générale, voici ma théorie générale des femmes, élaborée scientifiquement lors d'un soir de beuverie sur la terrasse de l'Amère à boire rue Saint-Denis à Montréal (ceci est une note pour les autorités futures afin que l'on érige à ma gloire une statue à cet endroit précis). Vous trouverez entre parenthèses une traduction en langage vulgaire.
Loi 1. Il y a homogénéité psychologique du genre féminin (Les femmes sont toutes les mêmes !)
Loi 2. La psychologie cognitive féminine n'est pas complexe (malgré tout ce que l'on peut penser, les femmes ne sont pas compliquées.)
Corrolaire 2.1. La psychologie cognitive féminine s'opérationnalise en une pratique de complexification de l'existence (Les femmes agissent pour vous compliquer la vie.)
Corrolaire 2.2. L'impression de complexité de la psychologie cognitive féminine repose sur une interprétation allodoxique (il n'y a pas de femmes compliquées, seulement des gars cons).
Commentaire par Raphael @ 23:28
jeudi 9 juin
Ça fait mal...
"Les logiques économiques de rentabilité à court terme prennent un poid grandissant jusque dans le fonctionnement des institutions et presses universitaires. Dans ces conditions, le succès du théoricisme, la sollicitation de concepts et d'auteurs dotés d'un imressionant pouvoir de tout "relativiser" et "déconstruire", la fascination pour les simulacres ("la guerre du Golfe n'a pas eu lieu"), la réduction du monde social à un kaléidoscope de textes et de discours expriment une humeur intellectuelle dont le sens est profondément politique. Selon le mot cruel de Gellner, les universitaires critiques américains compensent leur impuissance temporelle par la construction d'un "pays de cocagne philosophie". Comme le montre Wacquant, le radicalisme de campus est aussi un mode de gestion de l'impuissance politique. On ne saurait lui dénier une double fonction de rationnalisation freudienne (le sentiment de toute-puissance théorique et d'extralucidité critique peut aider à sublimer le non-accès à l'influence sociale réelle) et wébérienne (on peut intégrer la jet-set universitaire en devenant grand prêtre de la suprême théorie, voire de l'amphigouri). Mais l'efficacité de ce radicalisme est plus que douteuse."
Armand Mattelart et Érik Neveu, Introduction aux Cultural Studies, Paris: La Découverte, Coll." Repères", pp. 85-86 (C'est Marie Anne qui m'a fait découvrir cette perle)
Pourquoi j'ai des noms qui me viennent à l'esprit ?
Maudite bande de charlatans comme disait l'autre.
Commentaire par Raphael @ 23:24
vendredi 27 mai
Mr Crevier takes Ottawa (Sur l'autoritarisme universitaire)
Je reviens d'Ottawa, nice city where you don't know who speaks english ang who speaks french... Il n'y a pas d'autres stigmates que la langue au Canada pour s'entre-reconnaître... or comme il n'est pas écris dans le front de perosnne qui parle quoi, on ne prend pas de chance et on parle anglais... moi je trouve ça correct.
Mais, en fait, j'arrive d'Ottawa parce que j'assistais au Congrès de la Société québécoise de science politique (ouais je sais, il y a paradoxe, mais la SQSP à Ottawa moi je trouvais ça sympathique)...
Mes amis, l'heure est grave... l'entreprise universitaire en science sociale relève de l'autoritarisme et non du bel idéal délibératif habermassien dégoulinant de bonne entente et de d'amour fraternel (et autre, c'est selon...)
En science politique, le travail consiste surtout à redire les choses: redire la pensée d'un auteur, redire les politiques que l'on analyse pour en faire ressortir la structure, redire les entrevues qu'on a fait "avec des acteurs de l'espace public".
L'autoritarisme, je l'ai vu surtout chez ceux qui font de la "pensée politique", en gros de la philosophie politique. Pour beaucoup, la fréquentation de philosophes est simplement une manière de se donner un applomd pour dénoncer ce qui ne va pas dans la société et dire au gens quoi faire... hors de ces idées, point de salut, c'est la mort de l'humanité...
Mais la chose peut être semblable chez ceux qui s'attardent à analyser des politiques, plutôt que de simplement analyser, on développe aussi un "que devrait-on faire" qui relève plutôt d'une reproduction de la dynamique juridico-politique plutôt que du véritable choix politique (qu'on nomme de manière malhonnête au Québec, choix de société, comme si ces choix ne passaient pas par la politique). L'autorité du savant sert trop souvent à (re)produire une pensée soumise au cadre préétablis plutôt que de faire voir l'étendu des choix possibles... et les manières de les réalisées...
Pourquoi ne pas avoir comme moi (être vertueux quoiqu'imparfait) une approche descritive radicale ? Les choix politique n'appartiennent pas à l'univers des sciences sociales, mais à l'univers politique où le chercheur est à égalité avec ses congénères, qu'ils soient considérés comme dégénérés ou non (à moins qu'on ait changé de régime politique sans m'en informer).
Commentaire par Raphael @ 9:31 | Commentaires (1)
jeudi 12 mai
Comme je ne bois pas ce soir...
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"De tout ce dont il s'agit l'analyste n'a rien vécu ni rien refoulé ; sa tâche ne peut pas être de se remémorer quelque chose. Quelle est donc sa tâche ? Il faut que, d'après les indices échappés à l'oubli, il devine ou, plus exactement, il construise ce qui a été oublié."
Sigmund Freud, La construction dans l'analyse (vous m'excuserez , mais c'est une citation internet...)
Personnellement je commence à penser que toutes les relations interpersonnelles sont basées sur la paranoïa ou la confiance, il n'est jamais possible d'être certain que nous ne sommes pas dans un état d'hystérésis... i.e. d'avoir un habitus qui ne soit pas adapté au monde social dans lequel nous évoluons... les autres se foutent peut-être de votre gueule dans votre dos... Par contre, si on vous supporte jusqu'à trois heures du matin, c'est peut-être que vous n'êtes pas si détestable que ça... mais il vous faudra tout de même fondamentalement choisir l'histoire à construire avec le comportement de l'autre... (Peut-être aurais-je dû boire finalement.)

Commentaire par Raphael @ 23:42
mardi 12 avril
Déclaration de principe
Je hais Nietzche. Ses écrits devraient être classé comme délire romantique dixneuvièmiste, comme L'Ève future de Villier de L'Isle-Adam (i.e. personne ne devrait s'en rappeler).
Commentaire par Raphael @ 9:08 | Commentaires (7)
lundi 11 avril
Acta sanctorum
"Le saint est l'individu dans lequel la vertu s'objective, est le personnage qui permet à un entourage plus ou moins proche de faire acte d'imitation. Il est la représentation effective du personnage que nous pouvons tenté d'égaler, et en même temps la preuve que la vertu agissante se réalise effectivement quand nous l'imitons."
André Jolles, Formes simples, (trad. de Einfache Formen), Paris : Seuil, coll. "Poétique", 1972 (1930), p. 36
Dans ce passage, Jolles décrit l'effet des Légendes de saints ou Acta sanctorum qui ont une influence manifeste sur les pratiques religieuses (il n'y qu'à lire les relations de Jésuites et d'avoir un minimum de connaissance hagiographique pour s'en rendre compte.)
Mais à mon sens l'idée de Légende ou de récit cadre déborde le monde religieux et s'applique à tous les domaines de la vie sociale : tous les wannabe pouêtes imitent un jour ou l'autre Arthur Rimbaud, les wannabe rockstar leur idole (ce qui pose problème quand c'est Kurt Cobain), en fait nous imitons tous nos idoles en général (ce qui s'avère parqadoxal quand il s'agit de Nietchze). Mais je croyais que les sciences sociales, peuplées de gens raisonnables et posés, étaient à l'abris de ce mode de reproduction sociale...
Juqu'à ce que je découvre que Pierre Bourdieu s'habillait exactement comme Ludwig Wittgenstein (avec qui il partage des affinités théoriques évidentes)... En fait à la fin de sa vie Bourdieu portait une chemise bleue plutôt que blanche.


J'ai le même veston... mais moi je porte des jeans.
Commentaire par Raphael @ 8:54 | Commentaires (1)
mardi 5 avril
L'immanence de la philosophie
La seule vie qu'il est possible de véritablement vivre est en fonction des préceptes de Martin Heidegger.

Commentaire par Raphael @ 7:47 | Commentaires (2)
lundi 4 avril
La fin de la philosophie
Axiome fondamental et universel : Ludwig Wittgenstein a raison.

Commentaire par Raphael @ 16:24 | Commentaires (2)
jeudi 31 mars
Déception...
Ce soir, à la place de The OC, CTV diffuse une truc insipide intitulé Jake qui porte sur un publiciste mignon... J'avoue que mon inspiration est un peu coupée...
Commentaire par Raphael @ 20:10
jeudi 24 mars
Euréka
Vous ne le croirez peut-être pas, mais j'ai trouvé la clé pour interpréter The OC: c'est un récit sur la prédestination. Faites vos recherches empiriques (Jeudi soir, 21h00 à CTV) et je vous explique la semaine prochaine.

Commentaire par Raphael @ 17:23 | Commentaires (1)
mardi 15 mars
Les méchants incubes littéraires...
Vous voulez savoir ce qu'est l'amour pour un homme (un mâle, un vrai) tout est dans cette strophe de Leonard Cohen:
"Your faith was strong but you needed proof
You saw her bathing on the roof
Her beauty and the moonlight overthrew her
She tied you
To a kitchen chair
She broke your throne, and she cut your hair
And from your lips she drew the Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah"
L'amour pour un homme c'est, alors qu'on est scrap comme Job (ouais, je sais la référence fait plutôt allusion à Samsom, mais Job me parle plus) à cause d'une femme et de la regarder en pleurant de bonheur en chucotant Hallelujah. Parce que l'amour est une question de foi, il y a des gens qui sont-pour-nous (sein fur mich) immédiatement... J'aimerais simplement faire remarquer à mes détracteurs nihilistes qu'être-pour-nous ou n'y-être-pour-personne relève de la même approche épistémologique, la croyance.
Mais, le véritable mystère c'est... pourquoi écrire un blog réveille les méchants incubes de la littérature dans l'esprit du bloggeur ?
Commentaire par Raphael @ 23:13 | Commentaires (2)
jeudi 24 février
Question de nerds
Pendant que je prend mon temps pour rédiger mes observations sur notre voyage à New-York, j'ai une question de nerds: comment devrait-on traduire Dasein, dans une perspective hegélienne ?
A) être-là
B) Le être (comme l'être ayant une détermination)
C) étant (comme l'être devenu)
Pas facile hein... moi j'ai proposé le second même si il est grammaticalement incorrect, je développe ma spécialité dans le barbarisme (je suis celui qui a traduit nationess par nationité).

Commentaire par Raphael @ 12:58
lundi 31 janvier
Le syndrome de Cyrano
Tentative de psychologie cognitive… ou pourquoi c’est si compliqué avec les gars
J’ai un copain français qui a fait une observation assez juste sur le mâle québécois… Pas tous, mais beaucoup d’homo quebecensis, alors qu’ils ont une belle vie, des études réussies, une copine chouette, etc., fuient à Vancouver planter des arbres, à Miramichi creuser un canal ou à Bordeau faire les vendanges…
Je ne prétends pas faire une analyse sociologique, mais une explication psychologique (à l’étude de certains cas, sans nommer de nom) me semble possible et permet d’expliquer aussi d’autres comportements.
Pour des raisons sur lesquelles je préfère rester discret, Cyrano de Bergerac, d'Edmond Rostand, quoiqu’un peu quétaine, a toujours été pour moi une pièce culte (avec La guerre de Troie n’aura pas lieu de Jean Giraudoux simplement parce que la pièce est excellente). Or, comme Freud le fit avec Électre et Oedipe, il me semble possible de parler d’un syndrome de Cyrano.
L’histoire de Cyrano de Bergerac est connue : un grand guerrier courageux, mais doté d’un appendice nasal gargantuesque, en pince pour sa cousine, Magdeleine Robin dites Roxane. Le hic c’est qu’il est incapable de le lui avouer. Or la belle aime un jeune homme fringant, Christian de Neuvillette... qui est l’archétype du grand épais incapable d’articuler trois mots. Cyrano, pour que l’amour de sa cousine ne soit pas déçu, prend en charge Christian… lui écrivant des poèmes, etc.
On pourrait facilement penser que Cyrano est simplement un lâche, c’est là une hypothèse intéressante, je l’admets, mais qui me semble un peu courte. Moi il me semble cohérent qu’un homme dont la valeur fondamentale est son panache (obscur concept qui semble rallier l’authenticité, la vérité, la grandeur, le courage, finalement l’ensemble des valeurs machistes, il faut bien l’avouer) n’ait pas le courage d’avouer son amour à une fille parce qu’il est certain qu'elle va lui rire au…
De plus, Cyrano n’a pas que refuser de se révéler à Roxane, il refuse aussi que l’on monte ses pièces (Molière lui volera un scène pour son Bourgeois gentilhomme) et il refuse de prendre au sérieux les duels (il n’a plus qu’un gant, dira-t-il, ayant oublié l’autre dans le visage d’un sot). Molière et Christian lui servent en quelque sorte de couverture :
Il semble qu’ils y aient des enjeux plus importants que les autres et, dans le cas de Cyrano, lorsqu’ un enjeu particulier vient remettre en question de manière fondamentale les valeurs qui fondent sa personnalité, il préfère se retirer sans combattre… Comme si la défaite était tellement inscrite au cœur de la construction de sa personnalité que la bataille était inutile… Pour Cyrano c’est un très grand nez (je sais c’est un peu court), mais n’importe quel stygmate peut se voir attribuer le sens de la défaite : être gros, être petit, être roux, avoir les dents croches, être trop beau (surtout quand on est blond/e), avoir des pieds laids, être jeune, etc.
Mes amis, le bonheur ça se construit, c’est même une bataille de tous les jours… Certains pensent même que le bonheur n’existe pas, que c’est un complot des grands consortium de l’alimentation (MacDonald et Oréo en tête) pour que nous nous bourrions la face quand les choses sont au plus mal. Bref ça ne peut pas toujours bien aller… alors, pourquoi ne pas fuir à la place ? C’est là un principe que certains hommes semblent souvent appliquer.
J’en entends déjà crier « Plaine d’Abraham » ou «Patriotes ! »… mais je suis assez sceptique quant à un impact aussi profond sur une hypothétique psyché collective (pour ça aussi je suis sceptique). D’autant plus que l’histoire de la Révolution tranquille (qui a fonctionné quoiqu’en dise Mario Dumont et le maire de Hunthington) a plus d’impact sur nous que les Plaines d’Abraham (bataille que nous avons fini par gagner). L’argument vaut aussi pour les rébellions de 1837-1838.
Ceci étant dit, si cette fuite est une construction cognitive issue d’un processus de construction de la personnalité, est ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi un gamin de quatre ans est incapable de dire le moindre mot à une amie de la garderie sur laquelle il a visiblement un kick ? (fait vécu).
Commentaire par Raphael @ 12:49
dimanche 30 janvier
Matière à réflexion
Voici la scène IX de l'acte IV du Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand...
Demain le syndrome de Cyrano.

Ah ! je suis bien content qu'elle t'ai dit cela !
Mais va, va, ne crois pas cette chose insensée !
-Mon Dieu, je suis content qu'elle ait eu la pensée
De la dire, -mais va, ne la prends pas au mot,
Va, ne devient pas laid : elle m'en voudrait trop !
Tu vas lui dire tout !
C'est trop injuste !
Le tien parce que, grâce au hasard qui fait naître,
J'ai le don d'exprimer... ce que tu sens peut-être ?
-Peut se rompre, -si nous survivons !
-Je vais voir ce qu'on fait, tiens ! Je vais jusqu'au bout
Du poste; je reviens: parle, et qu'elle préfère
L'un de nous deux !
Une chose importante.
Commentaire par Raphael @ 21:54 | Commentaires (1)
jeudi 27 janvier
Mes années 80
Plusieurs personnes pensent revivre cette merveilleuse époque en téléchargeant toutes sortes de chansons plattes de Platitudes Blondes et autres groupes insignifiants… Mais les années 1980 c’est plus que de la musique (parce que dans ce temps là il y en avait... pas comme les groupes déprimants d'aujourd'hui NON MONSIEUR !), c’est un état d’esprit !
Plusieurs éléments proustiens (un hyperlien mémoriel, comme si on pouvait cliquer sur une madeleine… idée à développer…) me rappellent cette époque qui se résume à quelques éléments :
-Faire de la planche à voile sur le lac Memphrémagog. (Avec une Hi-Fly 3000 à voile tempête orange parce que je n’étais pas capable de lever la voile normale… Mon père avait une planche à voile Soleil…compagnie québécoise qui a évidemment fait faillite, en partie parce que la planche prenait l’eau et en partie parce que Soleil s’était obstiné à fabriquer des pièces introuvables, donc irremplaçables…notamment le pied de mat qui cassait tout le temps…)
-Porter des vêtements Ocean Pacific de couleur pastel (j’avais un T-Shirt orange, en fait j’étais Prep en 6e année, ce qui se résumait à porter un gilet Polo rouge, des pantalons bouffants bleus et à accumuler les premières étoiles en Impro).
-Les livres dont vous êtes le héros (mon préféré était La galaxie tragique de Steve Jackson).

-Aller voir chez Champigny (dans le temps où ça n'appartenait pas au groupe Renaud-Bray)le samedi si de nouveaux livres dont vous êtes le héros sont sortis.
-Aller Valets d’cœur (dans le temps où c’était au coin de Marie-Anne et Berri) acheter des dés…



-For Your Eyes Only, le James Bond avec Carole Bouquet... me semble parfaitement représenter l'esprit années 1980, surtout la partie dans la station de ski.

Pour moi les années 1990 ont commencé le jour au j’ai commencé à boire de la bière en lisant les petites annonces du Voir (dans le temps où Lavalife et Réseau Contact n’existait pas) avec E.T. et J-F.R. au soleil assis dans les marches de la Palestre du Collège de Montréal…
Commentaire par Raphael @ 11:02 | Commentaires (1)
mardi 25 janvier
Encore des citations
Comme je suis paresseux... profitons encore un peu du travail d'autrui...
Will Baude (qui semble en ce moment étudier en droit à Yales) a répertorié une série de citations dont celles, entre autre, de Douglas Adams et de mon sociologue préféré Andrew Abbott, (ex?) doyen de la faculté des sciences sociales de l'université de Chicago (il y a d'autres auteurs-trices, mais après Adams vous pouvez arrêter de lire...).
D'après une source généralement bien informée (sauf quand elle porte la moustache et une chemise rose l'été...) lors de ses conférences Abbott à l'habitude de s'habiller un peu comme un Boers, avec de grandes bottes qui lui moulent les mollets et un grand manteau...

Personnellement, j'avoue que j'ai un peu tiqué en lisant Temporality and Process in Social Life (in Time Matters; On Theory and Methods, Chicago: University of Chicago Press, 2001, pp. 209 à 239). Ce texte est en fait une conférence prononcée en 1994 lors du Cinquième congrès national de sociologie à Tjome en Norvège. En utilisant Bergson, G.H. Mead et Whitehead, Abbott tente de construire ce qui ressemble à une ontologie constructiviste... Jusque là ça va...(enfin pour moi) ce qui est hilarant c'est qu'Abbott utilise comme unique exemple l'invention du harpon à grenade par Sven Foyn au XIXe siècle...
Si vous voulez vraiement découvrir Abbott, vous pouvez lire un extrait d'un discours où il incitait les étudiants du Chicago College à ne pas étudier...
Commentaire par Raphael @ 21:32 | Commentaires (1)
lundi 24 janvier
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Douglas Adams (décédé en mai 2001 (ce qui rajoute à la réputation de 2001 d'avoir été (d'être ?) une annus horribilis, son service funéraire s'est par ailleurs terminé par Paperback Writer des Beatles), n'a pas qu'écrit The Hitchhicker's Guide to the Galaxy. Outre The Meaning of Liff (qui a fait mon bonheur durant les cours d'anthropologie II au CÉGEP, cours dont je n'ai toujours pas compris le but précis) et de Dirk Gently's Holistic Detective Agency (et la suite The Long Dark Tea-Time of the Soul)... que je m'étais promis de lire depuis longtemps...
Hormis d'être une version daliesque d'un Agatha Christie (en fait plutôt un San Antonio...) ce génial roman contient une très convaincante défense de ce que je nomme le bonhomme intérieur... La part naturelle (ce mot me donne mal au coeur) de ma conscience que ma raison constructiviste nie de toutes ses forces, mais elle doit bien avouer qu'il a parfois raison...

« Nous savons toutefois que l’esprit est capable de comprendre [des] problèmes dans toute leur complexité et dans toute leur simplicité. Une balle qui vole dans l’air obéit à la force et à la direction qu’on lui a imprimée en la lançant, à l’action de la gravité, à la friction de l’air qu’elle dépense son énergie à surmonter, à la turbulence de l’air autour de sa surface et au rythme et à la direction avec lesquels elle tourne.
Et pourtant quelqu’un qui éprouverait peut-être des difficultés à calculer ce que donne trois que multiplie quatre que multiplie cinq n’a aucun mal à effectuer les différents calculs et toute une série d’opération annexes avec une rapidité si stupéfiante qu’il en arrive bel et bien à attraper une balle au vol.
Les gens qui appellent cela « instinct » se contentent de donner un nom au phénomène sans rien expliquer.
Je crois que c’est dans la musique que les êtres humains sont le plus près d’exprimer notre compréhension de ces complexités naturelles. C’est le plus abstrait des arts : il n’a pas de signification ni de but autre qu’être lui-même.
Chaque aspect d’un morceau de musique peut être représenté par des nombres. De l’organisation des mouvements dans une symphonie jusqu’aux variations d’accents et de rythmes qui composent les mélodies et les harmonies, jusqu’à la dynamique qui donne sa forme à l’exécution, et jusqu’aux timbres des notes elles-mêmes, de leurs harmoniques, de la façon dont elles changent avec le temps, bref, tous les éléments d’un bruit qui distingue entre le son de quelqu’un jouant de l’harmonica et celui de quelqu’un frappant sur un tambour, tout cela peut s’exprimer par des arrangements et des hiérarchies de nombres.
Et, d’après mon expérience, plus il y a de relations internes entre les arrangements de nombres aux différents niveaux de la hiérarchie, si complexes et subtiles que puissent être ces relations, plus la musique paraîtra satisfaisante et, pour tout dire, plus entière.
En fait, plus ces rapports sont subtils et complexes, plus ils vont au-delà de la compréhension de l’esprit conscient. Et plus la partie instinctive de l’esprit- par quoi j’entend cette partie d l’esprit capable d’effectuer des calculs différentiels avec une si stupéfiante rapidité qu’elle placera votre main au bon endroit pour attraper une balle au vol- plus cette partie de votre cerveau prend plaisir.
Une musique peu complexe (et même « Trois Petits Cochons » est complexe à sa façon le temps qu’on joue en fait le morceau sur un instrument avec son timbre et son articulation) passe au-delà de l’esprit conscient pour tomber dans les bras du génie mathématique personnel tapi dans l’inconscient et qui réagit à toutes les complexités internes, à tous les rapports et à toutes les proportions dont nous croyons ne rien savoir.
Il y a des gens qui n’admettent pas cette conception de la musique, en diasnt que si on réduit la musique aux mathématiques, où se place dont l’émotion ? Je dirais qu’elle n’en est jamais absente.
Tout ce qui peut éveiller nos émotions- la forme d’un fleur ou d’une urne grecque, la façon dont un bébé grandit, dont le vent vous caresse le visage, dont les nuages courent dans le ciel, leurs formes, la façon dont la lumière dans sur l’eau ou dont les narcisses frémissent dans la brise, la façon dont la personne aimée remue la tête, dont les cheveux suivent ce mouvement, la courbe décrite par la chute du dernier accord d’un morceau de musique- tout cela peut être décrit en utilisant le flux complexe des chiffres.
Ce n’est pas réduie les choses, c’est en souligner la beauté.
Demandez à Newton.
Demandez à einstein.
Demandez au poète (Keats) qui a dit que ce que l’imagination perçoit comme beauté doit être la vérité.
Il aurait pu dire aussi que ce que la main saisit comme une bale doit être la vérité, mais il ne l’a pas fait, parce qu’il était poète et qu’il préférait flâner sous les arbres avec une bouteille de laudanum et un calepin, mais ç’aurait été aussi vrai…
(…)
…Parce que cela se passe au cœur de la relation entre d’un côté notre compréhension « instinctive » des formes, des mouvements et des lumières et de l’autre côté les réactions émotionnelles que cela éveille en nous.
Et c’est pourquoi je suis convaincu qu’il doit y avoir une forme inhérente à la nature, aux objets naturels, aux arrangements des processus naturels. Une musique qui serait profondément satisfaisante, une beauté qui ne doit rien à l’artifice- et nos émotions les plus profondes, après tout, sont une forme de beauté naturelle. »
Douglas Adams, Dirk Gently’s Holistic Detective Agency, CUP ltd 1987… Traduction française de Jean Rosenthal, Gallimard, coll. « Folio Sf » 2003, pp. 228-232
Commentaire par Raphael @ 23:35
mercredi 15 décembre
Richard Martineau et l’Islam ou le Québec contre le Canada français
Dans le Voir du jeudi 9 décembre dernier, Richard Martineau publiait un éditorial sur l’islamisme. En fait, sur la résistance de certaines femmes face à… l’Islam ou les extrémistes religieux, ça n’est pas clair. Je n’ai pas envie de prendre position ou de débattre pour une Xe fois du port du voile ou du kirpan à l’école, ou encore des tribunaux islamiques en Ontario (surtout avec des gens qui n’ont aucune notion juridique… comme la plupart de ceux qui en parle…). J’ai plutôt trouvé que le texte de Martineau parlait de nous, du Québec et de sa relation au religieux…
Ce que nous appelons société québécoise s’est définie en prenant comme antithèse le Canada français. Par Canada français, il n’est pas ici question des habitants francophones du Rest of Canada, je parle de cette ancienne nationalité, aujourd’hui disparue, qui constituait l’identité nationale de nos ancêtres.
Ce Canada français, fondé par des missionnaires, des coureurs des bois et quelques cultivateurs, s’est structuré dans les années 1840 autour de deux institutions : l’Église et l’État. La Révolution tranquille est donc la délégation par l’Église à l’État québécois de l’essentiel de ses responsabilités non-pastorales (hôpitaux, éducation, culture, etc.). Cette nouvelle organisation des rôles sociaux devaient politiser des enjeux autrefois religieux. Un des effets secondaire, non négligeable, de cette transformation fut la sécularisation de la part de la collectivité canadienne française habitant le Québec.
Pratiquement, nous sommes devenus laïques en posant comme mythe fondateur la modernisation de la société québécoise. En d’autres termes, avant 1960 le Québec vivait dans le noir et « nous nous en sommes sortie. » L’activité politique contemporaine au Québec évacue toute trace de valeurs religieuses de la vie publique, ce qui explique en partie la mauvaise réception du nouveau parti Conservateur canadien (Day, Harper et consorts.) De plus, le Québec est probablement l’endroit au monde où la réélection de George w. Bush a été reçu avec le plus d’incrédulité… comment comprendre que celui qui représente tous ce que nous détestons puisse obtenir le plus grand nombre de vote de l’histoire des U.S.A. ?
Le texte de Martineau verse ainsi dans la confusion entre la religion, les religieux et les fanatiques religieux… Tout appui au religieux devient un appui aux fanatiques… Ce seraient nos mères et nos grands-mères qui nous auraient sortis de l’obscurantismes… en fait le Québec est resté un société pas mal sexiste jusque dans les années 1970… bien après sa sécularisation (et l’est encore beaucoup dans sa représentation des rôles genrées).
Commentaire par Raphael @ 0:57 | Commentaires (2)
mercredi 8 décembre
Le mouvement social (pour mon amie Anne-Marie)
J'ai fait de la théorie du banc de poissons le fondement épistémologique de mon approche sociologique...
Je m'explique. À mon sens, la question fondamentale à poser en sociologie est : comment est produite la dynamique sociale ? (Ça permet de poser à la fois la question de la reproduction et du changement social). Donc, les collectivités "bougent" comme des bancs de poissons : tout "mouvement" social des acteurs est produit en regardant de chaque côté de quel côté va son voisin. Ceux qui mènent ce sont les poissons devant le banc. En société ceux qui mènent ce sont les poissons qu'on met devant le banc, dans les médias (encore que, à mon avis, les acteurs médiatiques ont souvent une idéologie conformiste) ou à la tête de l'État (là ça dépend).
Comme dans un banc de poissons, le changement social est souvent produit par un événement objectif et exogène (produit à l'extérieur) : un requin, un baracuda ou deux avions qui foncent dans des tours à bureau (bien que l'on puisse penser à des trucs moins extrèmes, une sècheresse, un verglas...)
Voici, pour mon amie Anne-Marie (qui s'est récemment comportée comme un poisson), une strophe d'une chanson de Peter Gabriel, toujours une infinie source de sagesse:
"The time I like is the rush hour, cos I like the rush
The pushing of the people - I like it all so much
Such a mass of motion - do not know where it goes
I move with the movement and.... I have the touch"
Peter Gabriel
"I Have the Touch", Security, 1983
www.petergabriel.com
Commentaire par Raphael @ 11:16 | Commentaires (1)

