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vendredi 31 août

Facebook c'est le mal mais "resistance is futile...YOU WILL BE ANIHILATED."

Je cherche quelqu'un (en fait je cherche encore, mais je ne suis pas désespéré au point de lancer un appel à tous... enfin pas encore.)
Une amie m'a alors fait remarquer qu'à peu prêt tout le monde est sur Facebook de nos jours.

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Pour chercher quelqu'un sur Facebook, il faut avoir un profil sur Facebook... donc j'ai un profil Facebook... (c'est beau, j'ai assez usé de répétition ? Je peux arrêter ?).
Facebook a mangé ma soirée d'hier et mon matin (mais ne t'en fais pas Services Canada, je suis disponible à l'emploi). Je n'ai pas trouvé la personne que je cherchais. J'ai la facheuse tendance de chercher des gens qui aiment les gilets et les tuques en laine naturelle et qui partent se ressourcer à élever des chèvres (ou cultiver des fines herbes) en relisant l'intégral de Proust (le Contre Sainte Beuve aussi, pas seulement la Recherche).

Par contre, du jour au lendemain, une bonne partie de mes contacts Hotmail peuvent me parler, je peux voir un catalogue de leurs amis... ils peuvent voir le mien, on peut se catégoriser (oui, bon, les catégories sont encore très américaines, mais j'imagine qu'ils y travaillent). En bref, je suis fasciné de voir à quel point les rapports sociaux ne sont pas simplement facilité par la technologie (Messenger rapproche les familles), mais ils s'institutionnalisent avec le web... Il y a moins de flou, moins de rumeurs. Vous voulez savoir quelque chose sur quelqu'un ? Demandez au dieu Google, il vous répondra (enfin presque, si c'est un(e) de mes acien(ne)s amis qui est occupé à lire Le temps retrouvé, oubliez ça)

Quand j'étais adolescent, il fallait éplucher les journaux pour avoir les dates de concerts, écouter la radio et la télé... Entendre les amis dire "il paraît qu'un tel vient, tel film je l'ai vu"... Là on sait tout... Regina Spektor ne vient pas à Montréal, mais elle sera à Toronto et Boston au mois d'octobre... une triste nouvelle qui m'est aujourd'hui disponible par Facebook, mais que je n'aurais su il y a 15 ans (et il y a quinze j'aurais été obligé de parler au très désagréable discaire de la Place Longueuil pour savoir qui était Regina Spektor, il ne l'aurait pas su, et je ne l'aurais pas connu). Quand quelqu'un n'est pas dans le répertoire de vos amis, c'est qu'il y a quelque chose entre vous (ok, pour deux personnes j'ai été juste trop gêné de faire "add to friend". Qu'est ce que vous voulez dire à votre flamme du primaire en plus ? )... avant on pouvait laisser planer un élégant flou artistique.

L'accès à l'information est fort utile, mais il me semble que la quête de cette information avait le charme du dévoilement. Il y avait quelque chose d'initiatique à prendre une information au vol et d'avoir le courage d'aller la confirmer, d'aller voir . Il me semble qu'il y avait un peu la possibilité d'embellir, de créer des mythes et des légendes... de brasser la réalité pour lui donner un nouveau sens... une nouvelle dimension, appeler ça mensonge si ça vous chante. Bref, je me sens comme un Inuit à qui on apprend à écrire... c'est cool et c'est super-pratique, mais ça change ma manière de penser, ma manière de forger le monde.

Oui je fais un peu dans la nostalgie, heureusement que j'ai des amis qui élèvent des chèvres ! Ils paraît qu'elles font six pieds de haut en plus (je sais pas, c'est l'ami d'une amie qui me l'a dit... on est pas trop certain si elle élève des chèvres ou si elle enseigne au Cégep).

Commentaire par Raphael @ 23:55