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mardi 25 avril
La fatigue démocratique
Ça s’en va et ça revient, mon grand idéal politique.
J’ai envie de participer au grand forum public de la vie politique québécoise puis je m’épuise à expliquer et à tenter de comprendre des conneries, alors je décroche. En fait, la vie politique occidentale compte actuellement trois clans : ceux qui s’en foutent, ceux qui sont écoeurés et ceux qui se croient parce qu’ils sont généralement trop cons pour faire partie des deux premiers groupes.
Ceux du premier groupe sont trop occupés à gagner leur vie pour se préoccuper de politique. Ils sont trop occupé parce que trop pauvre pour espérer être certains du lendemain ou trop matérialiste pour y avoir quelque intérêt que ce soit. Ceux du troisième groupe monopolisent les postes de députés etc. parce qu’ils ont un grand pouvoir : ils croient ce qu’ils racontent (ils se croient). Ceux du second groupe, et j’en suis, sont des désidéalistes qui aimeraient bien que le pouvoir politique réponde à certains idéaux, mais sont trop démocrates (ou trop pleutres, snobs et bouchés… ne dites plus que je ne fais pas d’autocritique) pour faire fermer le clapet à tous les imbéciles qui prennent le droit de parler sans réfléchir (ou pire, qui réfléchissent à des conneries…).
Je suis fatigué parce que nous avons tous appris à parler librement à expliquer notre point de vue… Or ce que nous avons appris s’arrête là et se résume à avoir raison. Nous voulons tellement avoir raison que nous ne cherchons plus à convaincre, mais à parler plus fort que l’autre, convaincu que si notre voie porte plus loin notre vérité rejoindra plus de gens donc que nous recevrons plus d’appui.
Notre modèle est le petit adolescent de Pump Up the Volume, seul dans sa chambre à se masturber le cerveau. Le film nous fait croire que sa vérité est la Vérité et qu’Elle est un virus. Dans le monde que nous pouvons toucher et qui a la fâcheuse habitude de nous exploser à la figure, ce type aurait ressemblé à Jeff Filion ou à Howrd Stern et sa fin aurait plutôt ressemblé à celle personnage de Talk radio d’Eric Bogosian… assassiné par un crotté dans un parking sordide.
Et il y eut l’Internet (Alleluïa frères et sœurs) et les blogs… Nous sommes tous devenus d’extraordinaires écrivains, tous de fantastiques pamphlétaires. Nous sommes tous devenus les porteurs d’une parole hétérodoxe, de la Vérité. Nous sommes, en réalité, des porteurs d’insignifiances et d’irréflexions… des doxosophes du dimanche. Il faut du temps pour penser, il faut du temps pour écrire, il faut surtout le droit de dire des conneries… Dans notre volonté de publier un billet par jour pour que notre blog soit lu (nous sommes tous condamnés au syndrome de Shéhérazade…) nous publions toutes les conneries possibles et imaginables.
Avons-nous vraiment quelques choses d’important à dire ou avons-nous épuisé ce sujet ?
Commentaire par Raphael @ 14:36