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mardi 7 juin
Ok... parlons PQ (... et soudain un immense respect)
Je m'apprêtais à écrire un texte qui se serait appelé Le mur sur le congrès du Parti québécois qui se tenait la fin-de-semaine dernière... Je m'attendais à voir ressurgir le même vieux programme et, oui, le même vieux chef... Les libéraux n'avaient qu'un mouvement à faire pour, malgré tout, gagner les prochaines élection, permettre à Jean charest de partir dans la dignité. Mais Bernard Landry a démissionné... J'ai soudainement ressenti un immense respect pour lui, comme si, enfin, un des personnages de The West Wing investissait l'arène politique... pour partir.

Comme tout bon péquiste, j'ai toujours eu une relation étrange avec mon cheuf... mais j'ai généralement une opinion à l'inverse de la grande famille péquiste (je dois être le cousin intellectuel et vaguement homosexuel qui s'emmerde dans un coin pendant les fêtes de famille). J'étais trop jeune pour avoir une opinion sur Lévesque et Jonhson... J'ai profondément et viscéralement détesté Jacques Parizeau, encore plus au lendemain du référendum, encore plus plus au lendemain des élections de 2003 et je ne vous rapporte pas ce que j'en dis en privé. J'ai été un fan de Lucien Bouchard, pour sa capacité à décider et à dire "gang, on va par là" sur le déficit zéro, les fusions municipales, etc. Le problème au PQ pendant ce temps là, c'est que, plutôt que de reformuler un argumentaire de gauche pour défendre le déficit zéro (parce qu'il y en a un), on a vaguement déserté le parti pour peiner sur une utopie qui s'appelle l'UFP ou Option citoyenne (remarqué, ils ne sont pas des masses... si c'est pas malheureux toutes cette énergie gaspillée).
Je ne suis pas certain d'avoir une opinion sur Bernard Landry. Les politiciens doivent avoir deux qualités: savoir débattre et être de bons tribuns. Landry a démontré qu'il n'avait aucune de ces deux qualités (c'était un tribun trop académique et on a vu ses qualités de debater lors du débat de 2003). En fait, Landry n'avait pas l'instinct du tueur qui font les bons politiciens (remarque: je crois vraiment que l'abus de métaphores guerrières et sportives est en train de tuer la démocratie). Je crois que Landry n'avait que les qualités d'un homme d'État... un homme cultivé, intelligent, nuancé, avec le soucis du détail... Je sais, c'est un triste constat... J'espère qu'il va revenir enseigner à l'UQAm... Welcome back Landry !
Mon plus grand problème avec Landry vient plutôt du fait qu'il ait été couronné. Rien a voir avec l'homme, tout à voir avec le contexte de son accession au pouvoir. Pour le bien de mon parti, j'aurais aimé que des hommes et des femmes portent des idées et en débattent de manière solide.
Il y a bien eu la Saison des idées me direz-vous, cette pathétique tentative de faire lever quelque chose et qui n'a servi qu'aux bas bruns du parti qui ont ressorti des boulamites des idées délirantes comme l'élection référendaire (qu'appuyait Parizeau), le référendum sur une constitution québécoise et de marginaliser encore plus l'idée de bon gouvernement. En plus, quand j'ai vu l'accueil réservé au magnifique discours de Jean-Hermann Guay (politologue de l'Université de Sherbrooke), là j'ai vraiment débandé (désolé pour les jeunes filles chastes) et je me suis rappelé les paroles de Jean Lapierre: "Le Parti québécois n'est pas un parti accueillant".
La grande course est lancée donc. Matante Pauline et mononc François seront candidats. Plusieurs autres noms circulent: Éric Bédard (ancien président des jeunes péquistes au début des années 1990), André Boisclair, etc. Moi je me dis et pourquoi pas une candidature improbable comme celle de Stéphane Tremblay, le député qui avait sorti sa chaise de la Chambre des communes quand il était député du Bloc. Je crois que ça brasserait des idées...
Puis il y a la grande énigme, Gilles Duceppe. M. Duceppe s'est beaucoup amélioré comme tribun depuis le début de sa carrière (aviez-vous remarqué qu'il faussait en parlant au début et que rien en haut de ses sourcils ne bougeaient ?). Mais, à le voir vendredi, on a un problème d'image. Vous ne trouvez pas que Duceppe ressemble a Monsieur Drabness, Lionel Jospin, celui qui a réussi l'exploit d'arriver derrière Chirac et, surtout, LePen aux dernières présidentielles en France ?


Commentaire par Raphael @ 22:26
Commentaires
Tout comme toi, j'ai trouvé que la démission de Landry était un geste respectable. Ceci dit, comme le faisait remarquer Foglia dans sa chronique du 7 juin, à quoi s'attendait-on dans les circonstances : qu'il fasse pipi et qu'il se roule dedans (approximatif)?
Par ailleurs, j'ai décidément besoin d'un "crash course" en politique: à ce jour je n'ai jamais compris ce que les gens pouvaient apprécier en Bouchard... Je le trouve mieux que Charest à tous les égards, mais cela en dit plus sur le peu d'estime que j'ai pour Charest que sur les qualités de Bouchard.
bon dodo. Ciao.
Commentaire par: diane le 9 juin