« Une idée intéressante... | Retour au Blogue | Who's watching the watchmen ? »

jeudi 9 juin

Ça fait mal...

"Les logiques économiques de rentabilité à court terme prennent un poid grandissant jusque dans le fonctionnement des institutions et presses universitaires. Dans ces conditions, le succès du théoricisme, la sollicitation de concepts et d'auteurs dotés d'un imressionant pouvoir de tout "relativiser" et "déconstruire", la fascination pour les simulacres ("la guerre du Golfe n'a pas eu lieu"), la réduction du monde social à un kaléidoscope de textes et de discours expriment une humeur intellectuelle dont le sens est profondément politique. Selon le mot cruel de Gellner, les universitaires critiques américains compensent leur impuissance temporelle par la construction d'un "pays de cocagne philosophie". Comme le montre Wacquant, le radicalisme de campus est aussi un mode de gestion de l'impuissance politique. On ne saurait lui dénier une double fonction de rationnalisation freudienne (le sentiment de toute-puissance théorique et d'extralucidité critique peut aider à sublimer le non-accès à l'influence sociale réelle) et wébérienne (on peut intégrer la jet-set universitaire en devenant grand prêtre de la suprême théorie, voire de l'amphigouri). Mais l'efficacité de ce radicalisme est plus que douteuse."

Armand Mattelart et Érik Neveu, Introduction aux Cultural Studies, Paris: La Découverte, Coll." Repères", pp. 85-86 (C'est Marie Anne qui m'a fait découvrir cette perle)

Pourquoi j'ai des noms qui me viennent à l'esprit ?

Maudite bande de charlatans comme disait l'autre.

Commentaire par Raphael @ 23:24