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dimanche 26 décembre
Monica's back online
Bonjour tous, désolé de cette longue pause. Malheureusement plusieurs contretemps me sont tombés dessus... le back up de Munro, le déménagement de mon bureau (je navigue dans un mega bordel) et Noël.
Donc
(Louis, tu me donnes The Rebel Shell pour Noël ?)
Commentaire par Raphael @ 17:52
Commentaires
Joyeux Noël Phaël!
Ne mets pas la faute sur mon back-up qui ne t'a causé qu'une interruption de service de quelques heures (la nuit en plus) alors que tu n'as pas écrit depuis plusieurs jours...
J'en était tout chose comme, genre, style, tsé..
Je viens tout juste de terminer The Rebel Sell. Je te le prête avec joie (s'il n'est pas monopolisé par ma blonde entre temps) en ajoutant ceci: ce n'est pas un ouvrage académique mais populaire au meilleur sens du terme, les auteurs ne se cachant pas de chercher à rejoindre le plus large lectorat possible et d'avoir un programme politique. Tant mieux car leurs arguments mettent le doigt sur plusieurs problèmes et apories du discours de la gauche "contreculturelle". En fait je pense qu'ils en ont plus à dire avec leur critique culturelle que comme programme politique mais il font un intéressant travail de philosophie au marteau et d'élaguage intellectuel qui permet de dépasser certaines contradictions dans laquelle la gauche s'est enlisée depuis trente ou quarante ans (ex.: si la société est mauvaise et répressive en son essence même, comment espérer régler quelque problème que ce soit par une action collective?).
Commentaire par: Louis le 27 décembre
Joyeux Noël et bonne année à tous ces braves qui viennent embellir de leur belle écriture ce blog,
Louis, la plupart des tenants de la gauche ne soutiennent pas que la société est mauvaise et répressive en son essence même. Au contraire. Si la société est telle qu'elle est aujourd'hui (selon la gauche toujours), c'est par la volonté, l'influence, bref les efforts constants et minants d'un petit groupe (voir à cet effet un film un peu niais, mais ô combien instructif si on l'analyse au second degré, the Corporation. Le Sound of Music de la gaugauche). Bref, la gauche est enlisée dans une lutte contre le bien (les humanistes, socialistes, universalistes, etc.) et le mal (capitalistes, industriels, consommateurs invétérés, ceux qui veulent faire de l'argent sur le dos du peuple). ce qui la pousse à adopter une logique perdant/gagnant, la pire chose à faire si on veut faire avancer une cause (bonne ou mauvaise). Bonne année encore.
PS Je suis présentement confinée à ma douce maison de banlieue à St-Eu, parce que ma coloc a encore piqué une crise et devient de plus en plus instable. je vais donc profiter de cette tribune pour faire de moi une figurante de la pub de celllulaires Rogers et m'exclamer "merci gentils parents!". Et lancer un appel à tous: quelqu'un connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui aurait peut-être un apart pour moi??? Je suis gentille, propre et j'ai un frigo (j'avais pensé passer cette annonce à Réseau Contact. Réponse assurée, je me suis dit).
Commentaire par: Anne-Marie le 28 décembre
A-M: J'aurais dû être plus précis. Ce ne sont pas les gauchistes (sans implication péjorative) qui pensent que le société est mauvaise. C'est une partie du discours de la gauche qui contient des contradictions. La confusion (selon Heath et Potter) entre société de consommation et société de masse amène les penseurs de la contre-culture (puisque c'est de celà que les auteurs du Rebel Sell discutent) à voir dans tout mouvement de masse une forme d'aliénation dont il faut se libérer. C'est pourquoi ils se font chantres d'une «contre-culture», puisque la culture de la masse est l'expression de son aliénation (causée par divers mécanismes selon les auteurs) et c'est aussi pourquoi ils font l'apologie de tout «geste» ou pensée soi-disant «subversive» puisque selon leur conception politique il faut d'abord libérer les masses de leur culture avant de pouvoir espérer régler quoi que ce soit. D'où le discours généralisé contre la consommation, les médias de masse, la banlieue j'en passe et des meilleures.
Ce que H&P disent n'est pas que «la gauche» pense que la société est mauvaise, au contraire ils sont d'avis qu'aucune action collective efficace ne peut partir d'un tel a priori. Ils sont cependant d'avis qu'une part importante des énergies de la gauche s'est dissipée depuis les années 60 dans la contre-culture et sa théorie de la «subversion» comme action politique. Selon eux il n'y a rien à subvertir et les gestes «politiques» inspirés de ce mouvement, représenté par les Adbusters, Naomi Klein et autres protestataires compulsifs ne font que divertir l'attention des vrais problèmes et des institutions qui permettraient de s'y attaquer. Ils s'en prennent à l'incapacité de la gauche de réconcilier ses tendances opposées, paralysée qu'elle est par le refus d'une partie de ses membres de se «compromettre», to sell out, pour des solution «purement institutionnelles» alors qu'ils recherchent des changements culturels.
Mais ne vous en tenez pas à ce que j'en dis... Lisez le par vous même ici et ici pour des extraits.
D'ailleurs je vois moi-même des signes encourageants d'un certain dépassement de ces contradictions stériles. Moveon.org aux USA et ici notre bonne vieille UFP font un effort significatif pour passer outre aux dissentions qui ont affaibli l'action de la gauche depuis trente ans. Il reste cependant du chemin à faire, particulièrement pour renouveller le discours de la gauche qui pourrait être plus convaincant et mieux articulé, surtout chez nous où les bons sentiments tiennent souvent lieu de réflexion...
Ps. Je n'ai pas d'appartement libre mais j'ai un balcon.
Commentaire par: Louis le 29 décembre
Merci pour ces explications. Je vais certainement jeter un coup d'oeil à ce bouquin quand je vais avoir une minute.
PSJe trouve que l'on fait un usage abusif et intempestif de parenthèses, moi la première.
PS2Louis, merci de m'offrir si généreusement ton balcon comme asile. J'emménage la semaine prochaine, n'oublie pas de déneiger.
Commentaire par: Anne-Marie le 2 janvier