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samedi 11 décembre

Code Lyoko

Qui a dit que de nos jours il n’y avait plus de bons dessins animés ?

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La réponse française à l’offensive japonaise s’appelle Code Lyoko. Cette série, produite par France3 et canal J, eet diffusée à Radio-Canada à 11:30 le samedi matin et raconte les péripéties d’une bande d’ado tombée par hasard sur une sorte de super Playstation. En fait, caché au fond d’une usine désaffectée de ce qui semble une petite ville de province, se trouve un ordinateur gigantesque dont les circuits renferment un monde virtuel nommé Lyoko. Les périphériques de ce super-calculateur permettent aux gamins de se dématérialiser pour se numériser en héros de Lyoko.
Malheureusement le système d’opération, la personnalité cybernétique X.A.N.A., a pété un câble et tente par tous les moyens de semer terreur et destruction. À l’aide d’Aelita, un personnage de Lyoko resté sain, Ulrich, Yumi, Odd et Jérémy doivent tenter de contenir la volonté destructrice de X.A.N.A.
Stylistiquement la série mise sur l’utilisation du dessin classique (un genre de pastiche de Katsuhiro Ottomo qui serait devenu impressionniste) et du numérique (comme Histoire de jouet). Formellement l’intégration des deux techniques est bien réussie (même si je n’aime pas la version numérique de Yumi). J’avoue avoir un faible pour Yumi : adolescente blasée à la calvitie précoce, pâle, et Goth avant l’âge.

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Si on sent une tension sexuelle entre Yumi, Ulrich et un personnage secondaire, Élisabeth dites Sissi (bien qu’il faille être adulte pour la voir), les thèmes abordés reviennent aux canons classiques de l’histoire d’aventure, un peu comme Tintin, ce qui franchement me semble sain. Plusieurs autres séries proposent comme histoire les aventures de jeunes filles ayant une identité cachée d’espionne. Leur principale préccupation n’est pas de sauver le monde, mais, dans l’ordre, d’être bien habillée, d’avoir un copain et d’être populaire à l’école (Kim Possible à Radio-Canada, mais surtout Totally Spies à Télétoon).

Code Lyoko contre GI-Joe

Lors d’une soirée réunissant des amis du Monde Diplomatique, nous remarquions que les Occidentaux n’avais pas l’expérience de la destruction de masse (genre explosion atomique), mais que les asiatiques si. Mon ami Mathieu faisait de plus remarquer que cette expérience se traduisait particulièrement dans les Mangas (on pense à Akira, mais aussi à Mother Sarah). L’expérience occidentales de la guerre se traduit aussi dans les dessins animés. Bien que très différente, les séries G.I. Joe et Code Lyoko décrivent deux expériences de la guerre en Occident.
Une première différence majeur, dans G.I. Joe ce sont deux armées qui s’affrontent : l’équipe G.I. Joe contre l’Organsation terroriste Cobra. De plus, les dirigeants de Cobra (le Commandeur Cobra, Dr. Venom, la Baronne, etc.) sont présents et actifs dans la narration. X.A.N.A. est un ennemi numérique qui tente de s’incarner dans le monde de Yumi et consort. Cet ennemi, comme Sauron dans le Seigneur des anneaux, n’a pas de visage, hormis celui de ses incarnations numériques toujours froides et anonymes (des Crabes de métal géant ou des frelons mécaniques par exemple).
GI-Joe est un dessin animé de la guerre froide, la catharsis d’une guerre sans front tangible pour le public. Le déluge de feu qui opposait les G.I. Joe à Cobra n’avait déjà plus comme enjeu un territoire précis, mais le contrôle du monde (en fait, vers la fin de la série, l’action de Cobra devient étrangement exclusivement ciblée contre les membres du commando). Par contre, les enjeux étaient clairs, précis et exprimés. On pourrait en dire autant de la lutte opposant les Autobots d’Optimus Prime aux Decepticons de Megatron dans la série Transformers (Robot in disguise !).

Dans Code Lyoko, l’ennemi n’a pas de visage, il n’explique pas ses motivations pour, simplement, détruire le monde. Un dessin animé post-11 septembre ? Les méthodes de Xana sont les mêmes que ceux que le Homeland Security Departement américain redoute de la part de terroristes contemporains: prendre le contrôle d’un autobus pour le faire foncer dans une usine de produit chimique, prendre le contrôle d’une centrale nucléaire pour provoquer un syndrome chinois ou hacker un réseau téléphonique pour prendre le contrôle d’un satellite militaire (bon, peut-être moins le dernier). Les seuls combattants réels que X.A.N.A. utilise sont des matérialisations de clones de Yumi et d’Aelita.

Mais ce qui frappe le plus c’est la différence dans le stratégie de combat. Dans G.I. Joe, les protagonistes s’arrosent gaiement de tous ce que peut leur technologie. Les héros de Code Lyoko combattent pour leur part à l’arme blanche. C’est un peu Clausewitz contre SunTzu.


On s’amuse, on s’amuse, mais l’heure passe…

Commentaire par Raphael @ 2:01

Commentaires

Oui bon, on s'amuse en effet mais j'aimerais attirer votre attention sur de récentes révélations qui sont venues troubler mes souvenirs réprimés d'enfant téléphage:
G.I. Joe is a fake

«Veterans group says military hero lied about his record; claims evil villains escaped his clutches during war against Cobra»
ainsi que l'a révélé un groupe dénommé G.I. Joe Veterans for Truth.
J'en suis encore tout retourné. À qui faire confiance maintenant? Je ne pourrai plus jamais regarder les dessins animés du samedi du même oeil.

Commentaire par: Munro le 14 décembre