mardi 23 juin

Du blog comme stratégie d'évitement... (et de l'internet en général).

Vous, silencieux public, vous l'avez lu, je trouve l'exercice qu'est ce blog de plus en plus inutile... voir de plus en plus nuisible. Je crois que je l'utilise comme instrument pour compenser... compenser quoi ? Vous me le demanderez si vous voulez vraiment savoir.

En fait, je crois que je blog pour éviter les choses qui m'angoisse: ça se résume souvent à éviter d'ouvrir la porte de mon appart pour aller voir le monde, mais parfois ouvrir mes propres portes pour aller me voir... (hum pas sur de la métaphore).

Ce blog n'a pas de projet, ce blog n'a pas de trame narrative précise, ce blog va dans tous les putains de sens et, du coup, ne sert à rien de précis. Fuck it. Je crois qu'il est temps de remettre en question cette capacité à partir dans un désir hallucinant dans le cyber-silence et mon incapacité à terminer mon roman, à écrire une parole public dans une place publique légitime ou simplement à dire "tu me plais" à la fille qui regarde par terre un samedi soir.

Alors quoi ? J'arrête...

J'arrête de pêter de câbles pour sublimer et je me trouve un projet...
J'arrête d'écrire pour éviter des problèmes...
J'arrête d'écrire ici pour éviter des endroits de parole qui me tentent plus...

Je crois que le blog est une place pour une parole hétérodoxe, mais je ne crois pas que c'est ce que Blog pop fait et je crois que Blog pop est devenu un obstacle à mon entrée dans le monde...

Fuck it... j'arrête... mais vous savez, moi et les décisions radicales...:P

Commentaire par Raphael @ 11:58 | Commentaires (0)

jeudi 18 juin

La Haint Hean...

Je hais la St-Jean... je hais la fête du Canada Day itou...

Alors que tous les pays du monde font des défilés militaires et/ou souligne leur histoire, nous on fait quoi ? On célèbre les années 70: période des grandes St-Jean sur la montagne... on célèbre des René Lévesque en carton pâte (même pas de cigarette), on célèbre dans un grande flaque de bière au parc Maisonneuve dans une marée écoeurante de blanc et de bleu (de quoi me faire chier parce que le bleu me va si bien paraît-il)...

Je n'aime pas la St-Jean, parce que c'est un délire de l'oubli de l'histoire, parce que c'est comme un impuissant qui essaie de bander sans viagra: une dernière tentative pour exciter la fièvre nationaleuse avant la mort de boomers...

Moi je voudrais le régiment Carrignan-Calière sur Sherbrooke au son du pipeau (tu-tu-tu)... moi je voudrais une reconstitution de la bataile des plaines, moi je voudrais Laverandry, Lasalle, Papineau, Cartier et Laurier... mais non, comme si l'histoire du Québec était commencé en 1960 et qu'avant il n'y avait pas eu de figures historiques, seulement du monde qui faisait du pain et trappait le castor.

En fait, je n'aime pas notre St-Jean...

Un jour dans le métro en revenant du show, je déconnais avec des copains dans le métro et je me mets à gueuler "Coudonc, St-Jean-du-pays (Gens du pays) il a été canonisé en quelle année ?"... Une femme me répond très sérieusement "Ils ont fait ça sur la montagne dans les années 1970..." Voilà, toute la St-Jean pour moi est dans cette histoire...

J'aime pas le Canada Day non plus, fête artificielle par excellence dont personne ne se souvient plus que c'est le jour de l'entrée en vigueur de l'Acte de l'Amérique du Nord Britannique en 1967... C'est la fête du multiculturalisme, des jumelles Magma, où on ressort de boule à mite (ou de la France) Rock Voisine...

Allez donc tous chier...

Commentaire par Raphael @ 20:11 | Commentaires (0)

lundi 15 juin

Walking through panic...

Ouais le titre est en anglais... pied de nez aux organisateurs de L'autre St-Jean dans Rosemont. Ça me fait royalement ch... pour toutes sortes de raisons personnelles, politiques et autres que je vous expliquerai probablement un jour. Pour le moment la St-Jean est assez loin de mes préoccupations et je suis tenaillé par l'envie fondamentale de m'en sacrer et d'aimer ceux que j'aime. (Un jour je vous raconterai comment ma maitrise a jouer le rôle d'une psychothérapie).

En fait... je panique beaucoup c'est temps-ci. Je vous ai parlé de mon problème de phobie sociale, je vous ai parlé de mon envie de redécouvrir le monde comme un gamin de 15, comme un gamin de 15 ans le monde m'a pêté à la face et comme un gamin de 15 ans je capote... (on salut les gamins de 15 ans qui lisent en passant). Par contre, comme un homme de 34 ans j'ai découvert qu'il me restait une peur fondamentale à affronter, à regarder en face et a terrasser... Ok, le problème n'est pas tout à fait réglé, mais j'y travaille fort. Je ne spécifierai par exactement le problème, mais disons que j'écoute beaucoup Loved to be Loved de Gabriel en ce moment (need I say more ?).

Remarque de geek: la panique me rappelle Frank Herbert, plus précisément la litanie de la peur.

Tu ne connaitras pas la peur, car la peur tue l'esprit, la peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. Tu la laisseras passer sur toi, à travers toi et quand elle sera passé, tu tourneras ton oeil intérieur sur son chemin et il ne restera plus rien, plus que toi."

Alors, première remarque: se réciter une litanie quand on panique, ça ne sert à rien, pire encore c'est nuisible. Ça constitue une stratégie d'évitement: les angoisses, l'anxiété, la terreur nocturne, les obsessions reviennent immanquablement. Donc, litanie de la peur quand on a peur, pas bon.

Par contre, si on fait ce qui y est dit , déjà, ça a plus de sens.

"Tu ne connaitras pas la peur", ok c'est de la bull... a moins d'un sens inconnu à "connaitre"... La peur est physique et est un sentiment normal, programmé par l'évolution. Si l'espèce humaine existe, c'est qu'elle a été par moment chicken.

"...car la peur tue l'esprit." : vrai, dans la panique ce qui ressort ce sont les fausses croyances que l'on entretient sur soi, on est soi mais comme on est soi quand on est saoul ou complètement pêté.

"...la peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale." Vrai, je ne suis pas certain que c'est ce qu'Herbert voulait dire, mais à terme, la peur mène à ce que Heidegger nommait verfallen sein, l'être succombé, l'être qui obéit à sa crainte de la mort et tente à tout prix de l'éviter. Ok, c'est un peu deep, mais c'est comme ça.

"Tu la laisseras passer sur toi, à travers toi...": Vrai, le seul moyen de vaincre ses peurs est de les affronter simplement en s'y laissant aller, en se laissant paniquer. La peur est physique et physiquement elle passe (pas totalement, lire plus bas).

"Et quand elle sera passer, tu tourneras ton oeil intérieur sur son chemin, et il ne restera plus rien, plus que toi." Vrai: quand la panique passe, il ne reste plus que nous et une lucidité sur ce que nous sommes et qui nous sommes.

Nuance toutefois: il faut identifier sa peur. Quand on est dans un orni qui menace de s'écraser au milieu du bled alors qu'on est poursuivi par l'armée Harkonnen, c'est relativement facile. C'est une autre paire de manches quand on est dans son salon à fixer le vide et capoter... Il faut ralentir le flot de ses pensées et en prendre conscience... quand on réussi a se dire "Au fond, j'ai peur de ça..." les choses commencent déjà a aller mieux...

Bon aller, ce texte me fait déjà chier...

Je vous laisse... si je règle trop mes problèmes je n'aurai plus besoin de ce blogue.


Commentaire par Raphael @ 19:32 | Commentaires (0)

vendredi 5 juin

À une passante... (Regret urbain)

C'est arrivé hier à minuit.

J'étais sur le pas de ma porte à fumer une cigarette, à regarder une bande de gamins se démener avec la police parce qu'ils étaient sept dans leur voiture.

La nuit était fraiche, la porte de l'appart était ouverte et la rue était tranquille.

Je la vois lentement marcher sur Marie-Anne vers l'est: moins grande que moi, jolies cheveux roux, visage charmant, habillée de jeans noir, veston pinestripe... Je la regarde, elle me fait un sourire... elle passe...

"Wouah" me dis-je et je me retourne...

Elle se retourne...

"Euh... auriez-vous une cigarette que je pourrais vous acheter."

Charmant accent anglais... ma pression sanguine est montée d'un cran, ma capacité à parler et à être compris descendu d'autant...

"Oui..."

Je fouille dans mes poches, mes cloppes sont restées dans la cuisine.

"(Trop bas) Elles sont en dedans je vais les chercher..." J'ai dû répéter...

Je remonte le long corridor de mon appart vers la cuisine, cherche mon paquet de Gauloises, remonte le long corridor vers la rue... Je me dis "Tu lui demandes son nom..."

J'arrive à la porte, sors une cigarette, là lui donne...prend le dollars...

"Auriez-vous du feu ?"...

Sors mon feu, allume sa cigarette...

"Euh... bonsoir alors ?"

"Bonsoir..."

RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHAAAAAAAAAAAAAA

J'imagine que je ne suis pas rendu-là.

Mais si d'aventure tu me lis sache qu'encore une fois ces vers de Baudelaire me sont venus en tête...

"Un éclair... puis la nuit !- Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudain renaître,
Ne te verrais-je que dans l'éternité

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j'eusse aimé, ô toi qui le savais !"

Bon d'accord, un peu intense, je voulais simplement savoir son nom et si elle habitait dans le coin... Par ailleurs, la dernière fois que j'ai cité ce poème à quelqu'une, ... (phrase qui s'abîme dans la confusion)...

Disons simplement que je suis passé de me citer L'irréparable ("¨Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords(...)"...you know, that stuff) à À une passante du même Chuck B. J'imagine qu'on peut y voir un certain progrès.

Je me demande si je ne devrais pas faire comme dans Amélie Poulain, mettre une affiche...

Commentaire par Raphael @ 9:09 | Commentaires (0)

mardi 2 juin

Ce soir tu manques...

Ce soir tu me manques.

Comme je sais que tu ne réponds plus depuis huit ans, j'écris cette entrée sur ce stupide blog dont je suis de plus en plus convaincu de l'inutilité. J'ai l'espoir imbécile que tu m'entendes en rigolant.

Ce soir tu me manques.

Alors que je suis en déroute, malgré toutes les avancées et malgré la conscience d'aller de l'avant.

Ce soir tu me manques.

Alors que je passe à la déchiqueteuse les dix dernières années de ma vie parce que je viens d'allumer à la dure qu'il n'y avait pas de place pour quelqu'un ou quelque chose de neuf.

Ce soir tu me manques.

Parce que tu aurais été la seule personne à comprendre pourquoi j'écoute à répétition, à en faire chier les voisins, More Fool Me de Genesis.

Ce soir tu me manques.

Alors que la seule personne à laquelle parler aurait un sens ne répond pas au téléphone, j'ai allumé que j'aurais pu, je suis prêt, à t'appeler toi pour parler de moi, de ma vie...

Ce soir tu me manques...

Parce l'une des seules choses que je ne remets pas en question dans mon stupide appartement est la reproduction de la pochette de Duke que tu avais faites il y a vingt ans.

Ce soir tu me manques parce que j'aurais eu besoin de toi...

Je t'aime...

"The day you left
Well I think you knew you'd not be back
Well at least it would seem that way
Because you never said goodbye."

More Fool Me
Genesis

Commentaire par Raphael @ 21:32 | Commentaires (0)